Quand on fait construire une maison, on peut passer des semaines, parfois des mois, à travailler sur les plans. On déplace une cloison, on agrandit la cuisine, on hésite sur la taille du cellier, on vérifie que les chambres ne sont pas trop petites et que la circulation est pratique. Bref, on essaie de penser à tout.
Pourtant, il existe une autre façon de lire un plan de maison, dont ton architecte ne te parlera probablement pas : sa lecture énergétique.
En Feng Shui traditionnel chinois, un plan n’est pas seulement une organisation de mètres carrés. Il nous renseigne aussi sur la manière dont le Chi va entrer dans la maison, circuler, se répartir entre les différentes pièces, s’accumuler à certains endroits ou, au contraire, s’échapper trop rapidement.
Et c’est précisément pour cette raison que j’aime intervenir le plus tôt possible lorsqu’une maison est en construction, idéalement avant que le plan soit définitivement validé.
En bref : les points essentiels d’un plan de maison Feng Shui
- Une forme de maison régulière, idéalement carrée ou rectangulaire, favorise une répartition plus équilibrée du Chi.
- Le centre de la maison, appelé Tai Chi, mérite une attention particulière : mieux vaut éviter d’y installer un escalier ou des toilettes.
- L’emplacement des pièces, des portes et même de certaines cloisons peut avoir une incidence sur la façon dont on pourra ensuite aménager les espaces.
- Un bon plan doit également préserver l’équilibre entre les espaces Yin consacrés au repos et les espaces Yang dédiés à l’activité.
Il y a quelque temps, en regardant la série Bones (oui, je sais, elle a vingt ans, mais je ne l’avais jamais vue), quelque chose m’a amusée.
Temperance Brennan est capable de regarder un squelette et d’y lire toute une vie : l’âge de la personne, ses traumatismes, certaines maladies, son mode de vie… Ce qui paraît complètement inerte à la plupart d’entre nous lui fournit une quantité incroyable d’informations.
Finalement, lorsque j’observe le plan d’une maison, je fais un peu la même chose. Je ne regarde évidemment pas des os, mais des murs, des ouvertures, des pièces, des circulations et des orientations. Et un plan parle énormément lorsqu’on sait le lire.
1. Observer la forme générale du plan de maison
En Feng Shui traditionnel, on aime les maisons dont la forme est relativement régulière : carrée ou rectangulaire, avec malgré tout une préférence pour les rectangles qui ne sont pas excessivement allongés.
Ce n’est pas une lubie esthétique. Une forme régulière permet au Chi de se répartir plus harmonieusement dans l’ensemble de l’habitat.
Les choses deviennent plus complexes avec les maisons en L, en U ou avec des architectures comprenant de nombreux décrochés. Elles peuvent créer ce que l’on appelle des secteurs manquants ou, au contraire, des extensions.
Lorsque je superpose le Bagua sur le plan, je peux alors constater qu’un secteur occupe une surface très réduite par rapport aux autres. Or, en Feng Shui, les différents secteurs de la maison sont associés à des énergies particulières.
Prenons un exemple simple. Imaginons une maison en L dans laquelle le secteur Sud-Est est très fortement réduit. Si je reste volontairement sur la lecture simple des huit aspirations, ce secteur est notamment associé à la prospérité et à l’abondance.
Est-ce que cela signifie que ses habitants vont finir ruinés ? Non, bien sûr.
Le Feng Shui n’est pas une discipline déterministe dans laquelle la forme d’une maison déciderait de ton avenir à ta place. En revanche, certaines configurations vont davantage soutenir une énergie et d’autres beaucoup moins.
C’est un peu comme avancer avec le vent dans le dos ou avec un vent de face. Dans les deux cas, tu peux arriver à destination, mais l’effort demandé n’est pas tout à fait le même.
Et c’est justement assez frustrant pour moi lorsque je découvre ce genre de configuration une fois le permis déposé. On n’a évidemment pas toujours le choix, mais lorsqu’on intervient suffisamment tôt, quelques ajustements du plan peuvent parfois limiter considérablement l’impact d’une forme irrégulière.

2. Vérifier ce qui se trouve au centre de la maison
La deuxième chose que je regarde presque immédiatement sur un plan est son centre.
En Feng Shui, on l’appelle le Tai Chi. On peut l’imaginer comme le cœur de la maison, l’endroit à partir duquel l’énergie se distribue vers les différents secteurs. Il est notamment associé à l’énergie vitale des habitants.
Idéalement, j’aime donc que ce centre soit relativement neutre et dégagé. Plus sa fonction est simple, mieux c’est.
À l’inverse, certaines configurations me plaisent beaucoup moins, notamment lorsqu’on trouve un escalier exactement au centre de la maison.
Un escalier crée naturellement du mouvement : on monte, on descend et le Chi circule constamment entre les niveaux. Placé au centre, il peut donc apporter beaucoup d’instabilité dans une zone que l’on préférerait justement stable.
Je compare parfois l’escalier à une sorte d’autoroute énergétique. Ce n’est pas forcément gênant partout, mais je n’ai pas particulièrement envie d’installer une autoroute au beau milieu du cœur de la maison.
Les toilettes constituent un autre point que je surveille.
Je précise tout de suite que je ne fais pas partie des consultants Feng Shui qui diabolisent les WC. Les toilettes de nos maisons occidentales actuelles n’ont évidemment plus grand-chose à voir avec les installations sanitaires que l’on trouvait autrefois dans les habitations chinoises.
Malgré tout, elles restent associées à l’évacuation et au drainage. Au centre de la maison, ce mouvement n’est donc pas particulièrement intéressant puisque le Tai Chi est notamment relié à la vitalité.
J’ai par exemple rencontré une famille qui vivait avec un escalier placé au centre de la maison et des toilettes installées juste dessous. Elle était venue me consulter entre autres pour une fatigue importante et des tensions dans le couple et la fratrie. Les habitants avaient notamment l’impression de ne jamais vraiment récupérer chez eux.
Bien sûr, une maison n’explique jamais à elle seule tous les problèmes de ses habitants. Mais lorsque plusieurs caractéristiques du lieu racontent la même chose, cela mérite qu’on s’y intéresse.
3. Penser à l’aménagement des pièces avant de figer le plan
Une fois la forme générale et le centre étudiés, je regarde la conception des pièces elles-mêmes.
C’est souvent là que des choix qui paraissent assez anodins sur le papier peuvent ensuite limiter fortement les possibilités d’aménagement.
Chambre et salle de bain : attention à la circulation de l’eau
Je vois par exemple de plus en plus de chambres dans lesquelles la salle de bain n’est même plus véritablement séparée. La baignoire ou le point d’eau est directement intégré à la chambre parce que cela donne un côté très contemporain.
Personnellement, en Feng Shui, je préfère que chaque espace conserve une fonction clairement définie. Une chambre est une chambre, une salle de bain est une salle de bain.
Même lorsqu’une salle de bain est bien séparée de la chambre, je regarde où passent ses canalisations. Si je peux l’éviter, je ne vais pas prévoir la tête de lit contre le mur dans lequel circule l’eau.
L’eau est Yang. Or, dans une chambre, et plus particulièrement derrière la tête pendant le sommeil, je recherche plutôt de la stabilité et une énergie Yin.
Ce n’est pas une règle générique qui signifierait que toute personne dormant contre un mur contenant des canalisations dormira forcément mal. Mais chez certaines personnes particulièrement sensibles ou qui ont déjà des difficultés de sommeil, cela peut avoir son importance.
Parfois, déplacer une porte de 50 cm suffit
Je me souviens justement d’un audit réalisé suffisamment tôt dans un projet de construction pour que nous ayons encore la possibilité de modifier le plan.
À l’étage se trouvaient trois chambres et une salle de bain commune. Dans la chambre parentale, l’emplacement prévu pour la porte limitait fortement les possibilités de positionnement du lit.
Nous avons simplement déplacé cette porte d’environ 50 centimètres.
Cela paraît presque anecdotique sur un projet de maison entier, et pourtant cette petite modification nous a permis de placer le lit dans une orientation favorable pour le couple tout en évitant que la tête de lit se retrouve adossée au mur contenant les canalisations de la salle de bain.
C’est exactement pour cela que je répète qu’il vaut mieux penser au Feng Shui avant le dépôt du permis de construire. Une modification de 50 centimètres sur un dessin est assez simple. Lorsque les cloisons sont montées, la conversation n’est plus tout à fait la même.

4. Rechercher un véritable équilibre entre le Yin et le Yang
Le Yin et le Yang font partie de ces concepts que presque tout le monde connaît, au moins de nom. En Feng Shui traditionnel, leur application à l’habitat va cependant beaucoup plus loin que le petit symbole noir et blanc que l’on connaît tous.
Et cet équilibre commence déjà sur le plan.
Séparer autant que possible les espaces Yin et Yang
Certaines pièces sont naturellement plus Yang parce qu’elles accueillent de l’activité, du mouvement, des conversations et de la vie. C’est notamment le cas du séjour, de la cuisine ou parfois du bureau.
D’autres espaces ont davantage besoin de Yin : les chambres, bien sûr, mais aussi les espaces consacrés au repos et à la récupération.
J’apprécie donc particulièrement les plans qui permettent de distinguer assez clairement un espace jour et un espace nuit.
On peut par exemple avoir une entrée qui dessert le séjour et la cuisine, puis un couloir fermé par une porte donnant accès aux chambres et à la salle de bain. Cette séparation toute simple permet déjà de ne pas mélanger en permanence des énergies qui répondent à des besoins très différents.
On n’a pas besoin du même type d’énergie pour prendre l’apéritif avec dix amis dans son salon et pour dormir huit heures dans sa chambre. Dit comme cela, ça paraît assez évident.
Attention aux maisons qui deviennent trop Yang
C’est un point sur lequel je suis parfois en décalage avec certaines tendances architecturales actuelles : la recherche absolue de lumière.
Évidemment, je ne suis pas en train de te conseiller de construire une grotte. J’aime moi aussi avoir de la lumière chez moi.
Mais certaines maisons modernes multiplient les baies vitrées, les fenêtres immenses et les ouvertures jusqu’au plafond, avec parfois des séjours cathédrale presque entièrement vitrés. Visuellement, cela peut être spectaculaire. En Feng Shui, en revanche, il faut aussi se demander ce que cela produit sur l’équilibre Yin-Yang de la maison.
Le Chi Yin se diffuse notamment grâce aux murs tandis que les portes et les fenêtres laissent entrer davantage de Chi Yang. Lorsque les ouvertures deviennent omniprésentes, la maison peut donc devenir extrêmement Yang et avoir plus de difficultés à retenir son énergie.
Il existe aussi un problème très concret : il ne reste parfois plus suffisamment de murs pour adosser correctement un canapé, un lit ou certains meubles.
Une maison doit aussi permettre de se poser. Pour moi, elle doit rester un lieu de ressourcement, pas seulement être magnifique sur les photos d’un magazine d’architecture.
Le Feng Shui d’une construction commence bien avant la décoration
C’est probablement l’idée la plus importante à retenir : intégrer le Feng Shui dans une maison en construction ne consiste pas à attendre que tout soit terminé pour choisir la couleur du canapé ou installer quelques objets décoratifs.
À ce stade, une grande partie de la structure énergétique de la maison existe déjà.
La forme du bâtiment est définie. Le centre est occupé. Les portes, les fenêtres et l’escalier sont placés. Les chambres ont leurs dimensions et leurs ouvertures. La maison possède également une orientation cardinale précise.
Or, le Feng Shui traditionnel va beaucoup plus loin que les quatre points que je viens d’aborder. Lors d’une véritable analyse, je travaille également avec l’orientation de la maison, les trigrammes, le Ming Gua des habitants, les étoiles volantes et les cycles temporels.
C’est cette combinaison d’informations qui permet de sortir des fameuses « règles Feng Shui » génériques pour travailler réellement au cas par cas.

À quel moment faire analyser son plan de maison ?
Le meilleur moment est assez simple : lorsque le plan existe déjà suffisamment pour pouvoir être étudié, mais qu’il peut encore être modifié.
Autrement dit, évite si possible d’attendre le dépôt définitif du permis de construire.
C’est une situation que je rencontre régulièrement : les futurs propriétaires ont travaillé pendant des mois avec leur architecte ou leur constructeur et, une fois le plan validé, se disent que le moment est venu « d’ajouter le Feng Shui ».
Je comprends parfaitement la logique. Le problème, c’est que certaines de mes recommandations concernent justement ce qui vient d’être figé.
Bien sûr, il reste toujours possible de travailler sur une maison déjà construite. C’est même une grande partie de mon métier. Mais lorsque j’interviens suffisamment tôt sur une construction, j’ai une liberté beaucoup plus grande.
Et parfois, je ne demande pas de bouleverser le projet. Comme dans l’exemple précédent, quelques dizaines de centimètres peuvent déjà changer beaucoup de choses.
Architecte et consultant Feng Shui : deux lectures complémentaires du plan
Faire analyser son plan en Feng Shui ne signifie évidemment pas remettre en cause le travail de l’architecte.
Ce sont simplement deux métiers différents.
L’architecte travaille notamment sur les volumes, les contraintes techniques, la réglementation, les usages, les circulations, l’esthétique et la faisabilité du projet. De mon côté, j’ajoute une autre grille de lecture : celle du Chi et de la façon dont la maison va interagir énergétiquement avec ses habitants.
C’est d’ailleurs lorsque ces deux approches peuvent dialoguer suffisamment tôt que le travail devient particulièrement intéressant.
Un plan peut être techniquement excellent tout en présentant certaines configurations que je chercherais à modifier en Feng Shui. Et inversement, une recommandation Feng Shui doit évidemment rester compatible avec la réalité du projet. Je ne travaille pas dans une maison imaginaire sans contraintes de terrain, de budget ou d’urbanisme.
Le but est de trouver le meilleur compromis possible pour cette maison et pour les personnes qui vont réellement y vivre.
Un plan de maison raconte déjà quelque chose
C’est sans doute ce qui me fascine encore aujourd’hui dans mon métier : un plan qui semble n’être qu’un assemblage de traits noirs sur une feuille contient déjà énormément d’informations.
Comme le squelette observé par Temperance Brennan dans Bones, il faut simplement apprendre à le lire.
Et lorsqu’il s’agit d’une construction, cette lecture prend encore plus de sens parce que l’histoire n’est pas complètement écrite. Les murs ne sont pas encore montés, certaines portes peuvent bouger, une pièce peut parfois être légèrement déplacée et une ouverture redimensionnée.
Le Feng Shui traditionnel n’est ni de la magie, ni une méthode de décoration. C’est une discipline précise qui demande de la formation, de la pratique et surtout une analyse au cas par cas.
Alors avant de déposer ton permis de construire, cela vaut vraiment la peine de regarder ton plan autrement. Pas seulement pour vérifier si ton canapé rentre dans le salon, mais pour comprendre quel type de maison tu es réellement en train de créer.

AUDIT FENG SHUI
Faire construire est un projet majeur.
Faire analyser votre plan avant le dépôt du permis permet d’optimiser orientation, implantation et répartition des pièces dès le départ.
L’audit Feng Shui vous apporte une lecture experte de votre projet afin de sécuriser vos choix et construire sur des bases solides.
FAQ : plan de maison et Feng Shui
Idéalement, l’analyse Feng Shui doit intervenir lorsque les premières versions du plan sont suffisamment avancées pour être étudiées, mais avant que le permis de construire soit définitivement déposé. Cela laisse encore la possibilité de déplacer une porte, revoir une ouverture, modifier légèrement une pièce ou repenser l’emplacement d’un escalier sans entraîner des travaux importants.
Les formes carrées ou rectangulaires sont généralement privilégiées en Feng Shui traditionnel parce qu’elles favorisent une répartition plus homogène du Chi. Les maisons en L, en U ou présentant de nombreux décrochés ne sont pas nécessairement mauvaises, mais elles peuvent créer des secteurs manquants ou des extensions qu’il faut étudier dans le contexte global du plan.
Il n’existe pas un emplacement universel valable pour toutes les maisons, puisque le Feng Shui traditionnel travaille au cas par cas. En revanche, on cherche généralement à éviter un escalier situé exactement au centre de la maison, car il crée beaucoup de mouvement dans une zone que l’on préfère stable.
Oui. Une expertise Feng Shui peut tout à fait être réalisée dans une maison existante et de nombreuses améliorations restent possibles grâce à l’aménagement, au positionnement des habitants, à l’utilisation des différentes pièces et à la gestion des énergies présentes. Lors d’une construction, l’avantage est simplement de pouvoir intervenir sur certains éléments structurels avant qu’ils deviennent difficiles ou coûteux à modifier.
Parce qu’un architecte et un consultant en Feng Shui n’étudient pas le plan avec la même grille de lecture. L’architecte répond aux contraintes techniques, fonctionnelles, réglementaires et esthétiques du projet. L’expert en Feng Shui traditionnel étudie notamment la circulation du Chi, la forme du bâtiment, son centre, son orientation, la répartition Yin-Yang et, dans une analyse complète, les influences énergétiques propres à la maison et à ses habitants. Les deux approches sont donc complémentaires.
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J’espère que cet article vous aura éclairé ! Dans la vidéo ci-dessous je te montre concrètement ce que ça donne quand je fais des audits de plans. Avec les 3 exemples concrets, tu pourras bien compléter cette lecture.




